malgré la présence à mes côtés de mon compagnon et de mes enfants et que j'aime et qui m'aiment il me vient parfois la nuit, très régulièrement et depuis toujours, comme une envie d'en finir ce ne sont pas tant les soucis quotidiens grossis et accumulés par une mauvaise gestion de l'ensemble que ce tenace sentiment de chute et aussi d'illusion et aussi de vanité cette fatigue immense de renouveler des erreurs identiques toute l'imperfection de l'être c'est là une force qui m'étreint depuis toujours enfant je me visualisais, le canon de révolver sur la tempe et l'effarante course de la balle, qui, comme une bille dans un labyrinthe, bifurque au lieu d'aller droit à la sortie, empruntant maintes circonvolutions pour finalement aboutir récemment, dans un film, j'ai vu une séquence très proche de cette impression-là, avec grand soulagement qu'il est long le chemin vers la fin ou encore plus souvent, avant même d'avoir entendu parler des Japonais, je me voyais le couteau pointé sur le bas ventre, me fendre de bas en haut dans un mouvement qui le ramenait au coeur l'image suivante n'illustrait pas les entrailles qui se vidaient au sol mais comme une gerbe de mille fleurs qui s'épanouissait dans ma tête pourtant dès le lever, je suis prise par mille choses, mille sources d'intérêt utile ou dérisoire, tant et tant, que je ne fais que butiner, qu''effleurer sans jamais approfondir mais dans cette vie, quoiqu'il advienne, ces rêves ne se réaliseront pas: je ne mettrai pas ainsi fin à mes jours que ce soit par passion, horreur ou indifférence car dans l'intimité de mes visions, je sais que rien n'échappe à l'éternité et que le piège se referme d'autant plus que l'on cherche à lui échapper<?xml:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" /><o:p> </o:p>