• grand-père 1




    Mon grand-père, horloger, fit la guerre de 14. Il y fut blessé, gazé. Laissé pour mort sur le champ de bataille, il fut ramassé par l'ennemi, soigné, pour être ensuite roué de coups, raconta-t-il à mon père. Je ne sais combien de temps, il resta prisonnier. Quand, après l'armistice, il rentra à Paris, il avait quelque doute sur les raisons de poursuivre sa vie et, ne reprit pas son métier, considérant que le mieux était qu'il se consacre à sa passion, la peinture.




    C'est dans ces circonstances que ma grand-mère le rencontra et qu'ils tombèrent amoureux l'un de l'autre. Plus de quinze ans plus tard, après s'être aperçu que leur troisième enfant ressemblait à un autre homme du quartier, mon grand-père demanda le divorce pour adultère. Mais le procès dura plusieurs années car ma grand-mère se défendit en faisant vreconnaître les torts de son compagnon.




    A une époque où cela restait rare, c'était elle qui subvenait aux besoins du ménage car lui, se refusait à tout travail, non seulement il ne voulait que peindre, mais se refusait à toute exposition qu'elle avait tenté d'organiser, et aussi à vendre ses toiles. A plusieurs reprises, elle avait démarché pour lui obtenir divers emplois qui lui semblaient convenir, entre autres un essai pour être illustrateur chez Delagrave, ou des contrats pour créer des décors ici ou là. Il avait toujours refusé.




    Au début, c'était sa couture à elle qui avait tout payé, y compris les tubes de peinture. Puis au bout de quelques années, elle s'était refusée à ce sacrifice puisqu'il ne voulait participer à rien et il s'était résigné à restaurer des toiles et des sculptures pour les églises, suffisamment pour payer ses propres frais. Mais c'était tout.




     


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