• errances paternelles

     



     je l'ai dit plus bas, mon père eut une enfance, puis une jeunesse tumultueuse



    j'hésite sur ce qualificatif; me viennent des mots comme tordue, irrégulière mais comme les moments de passion, de plaisir et de bonheur firent partie du lot, "tumultueuse" rend plus d'écho



    après que fut prononcé le divorce à torts réciproques, de ses parents, ses deux soeurs furent confiées à sa mère, et lui-même qui avait alors 9 ans, à son père qui l'emmena par les routes de France



    contraint de travailler pour gagner sa vie et celle de son fils, mon grand-père louait ses services aux églises car bien qu'il se disait athée et anti-clérical, il n'aimait rien tant que les églises, leurs colonnes et leurs arcades, leurs absides et leurs transepts, leurs vitraux et leurs clairs obscurs, réparant les statues de plâtre, les boiseries, rafraîchissant les couleurs des toiles illustrant la Passion, réparant les horloges et même parfois l'orgue quand il n'y avait personne d'autre pour le faire



    mon père dit qu'il ne manquât de rien pendant toute cette période aventureuse où avec son père, ils dormaient dans des meublés ou étaient hébergés par les curés ou leurs ouailles les plus avenantes



    les repas étaient pris chez l'habitant ou à l'auberge, payés par l'église



    mon père racontait que ce fut là une période exaltante, pleine de mouvement et de nouvelles rencontres



    Souvent,son père le gardait auprès de lui pendant le travail et lui l'aidait à préparer la colle de lapin ou encore, gâchait le plâtre, broyait des couleurs et même effectuait de petites réparations



    parce qu'ils ne restaient jamais très longtemps au même endroit, mon père ne fréquentait que très peu l'école pour ne pas dire pas du tout et c'était mon grand-père qui lui apprenait l'essentiel, c'est à dire les mathématiques et la géométrie, la physique, la mécanique et la chimie. Pour le français, il prétendait que lire beaucoup et parler suffisamment permettaient de l'apprendre bien, or, partout où ils allaient, il y avait beaucoup de livres et, l'on conversait aussi des soirées entières.



    et mon père lut ainsi, non seulement l'ancien et le nouveau testament, des catéchismes et des livres de cantiques mais plusieurs exemplaire des vies des saints, des livres édifiants sur la Pâques et la résurrection et puis surtout chez l'un de leur hôtes des bouquins de vulgarisation scientifique où l'on parlait d'Einstein comme d'Edison et il n'eut alors plus qu'une idée en tête, c'était de devenir savant ou trouvetout


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